Nos émotions ne sont pas immobiles. Elles évoluent avec les événements, avec le temps et avec la manière dont nous traversons une situation. Ce qui occupait toute la place à un moment peut s'atténuer ; une autre émotion, jusque-là moins visible, peut alors apparaître plus clairement.
C'est une conséquence importante de la démarche présentée sur ce site : le choix des Fleurs de Bach n'a pas vocation à être figé. Un mélange correspond à ce qui est identifié et ressenti à un moment donné. Lorsque cet état évolue, il devient logique de l'observer à nouveau avant de préparer le mélange suivant.
Prenons l'exemple d'un changement important. Au début, une personne peut surtout ressentir de la peur. Quelques jours plus tard, lorsque la situation devient plus concrète, cette peur peut laisser davantage de place au doute : « Ai-je pris la bonne décision ? » Puis, lorsque l'action commence, un manque de confiance peut apparaître : « Est-ce que je vais être capable d'y arriver ? »
Le contexte général est toujours le même, mais l'état émotionnel ne l'est plus. C'est pourquoi choisir ses Fleurs de Bach à partir du seul événement conduirait à perdre une partie essentielle de la démarche.
Un mélange peut être considéré comme une photographie de l'état émotionnel au moment où il est préparé. Les fleurs retenues correspondent aux émotions que la personne est alors capable d'identifier et de nommer.
Cette photographie n'a aucune raison de rester identique indéfiniment. Lorsque certaines émotions évoluent, les fleurs qui leur correspondaient peuvent ne plus être nécessaires. D'autres états peuvent, au contraire, devenir suffisamment perceptibles pour être pris en compte.
Le principe essentiel :
On ne conserve pas une fleur parce qu'elle figurait dans le mélange précédent. On se demande si l'état émotionnel auquel elle correspond est encore réellement présent aujourd'hui.
Il arrive qu'une émotion soit tellement présente qu'elle masque en partie ce qui se trouve derrière elle. Lorsque cette première préoccupation perd de son importance, une autre dimension de la situation peut devenir plus facile à reconnaître.
Une peur très forte peut par exemple monopoliser toute l'attention. Lorsqu'elle devient moins envahissante, la personne peut découvrir qu'elle doute aussi profondément de ses capacités. Dans une autre situation, une colère très présente peut progressivement laisser apparaître une blessure, une inquiétude ou une difficulté à accepter ce qui s'est passé.
Il ne s'agit donc pas nécessairement de « nouvelles » émotions apparues soudainement. Certaines étaient peut-être déjà présentes, mais elles étaient moins accessibles à l'observation.
C'est dans ce sens que l'approche d'Alina utilise l'image d'un travail progressif sur des « couches » d'émotions. Cette image ne signifie pas que les émotions seraient réellement empilées selon un ordre fixe qu'il faudrait obligatoirement parcourir.
Elle aide plutôt à comprendre une expérience fréquente : ce qui est le plus visible ou le plus urgent aujourd'hui n'est pas nécessairement tout ce qui compose le vécu émotionnel. Lorsque cette première dimension évolue, quelque chose de plus discret peut devenir perceptible et demander à son tour d'être regardé.
Cette approche invite donc à ne pas chercher, dès le premier mélange, à expliquer toute l'histoire de la personne ou à sélectionner des fleurs pour toutes les difficultés imaginables. On commence par ce qui est réellement présent et identifiable. Puis on observe.
La notion de couches pourrait être mal comprise si elle conduisait à rechercher systématiquement une émotion cachée derrière chaque émotion. Ce n'est pas l'objectif.
L'observation reste centrée sur ce que la personne ressent effectivement. Une émotion qui n'est ni reconnue ni vécue n'a pas à être supposée simplement parce qu'elle pourrait théoriquement se trouver « derrière » une autre.
La progression consiste au contraire à respecter le rythme de la personne : travailler avec ce qui est accessible aujourd'hui, puis réexaminer la situation lorsque quelque chose a réellement changé.
La page consacrée à la manière de préparer et utiliser un mélange de Fleurs de Bach présente déjà l'importance de la réévaluation. Ici, cette étape prend tout son sens.
Avant de préparer un nouveau flacon, quelques questions simples peuvent être posées :
— Qu'est-ce qui me préoccupait lorsque j'ai préparé le mélange précédent ?
— Est-ce toujours aussi présent aujourd'hui ?
— Qu'est-ce qui a changé dans ma manière de vivre la situation ?
— Une autre émotion est-elle devenue plus visible ?
— Parmi les fleurs précédentes, lesquelles correspondent encore réellement à mon état actuel ?
Le nouveau mélange peut alors être identique, légèrement différent ou profondément remanié. Il n'existe aucune obligation de changement : c'est l'évolution du vécu émotionnel qui guide la réévaluation.
L'évolution émotionnelle peut être discrète. Elle ne se traduit pas nécessairement par un changement brutal ou spectaculaire. On peut simplement constater qu'une situation prend moins de place, que l'on réagit autrement, qu'une décision devient plus facile ou qu'une émotion est désormais plus simple à nommer.
Cette observation évite également de réduire la démarche à la question : « Est-ce que cela marche ? » Elle invite plutôt à regarder concrètement : « Qu'est-ce qui est différent dans ma manière de vivre cette situation ? »
Au fil des réévaluations, la personne peut devenir plus attentive aux nuances de son vécu. Elle apprend progressivement à distinguer une peur précise d'une appréhension diffuse, un manque de confiance d'un sentiment momentané d'être dépassé, ou encore une difficulté à décider d'un besoin de rechercher constamment l'avis des autres.
Cette capacité d'observation participe à l'autonomie recherchée dans l'accompagnement : le rôle du conseiller n'est pas de rendre la personne dépendante d'un choix extérieur, mais de l'aider à mieux identifier elle-même ce qu'elle ressent et à comprendre les nuances entre les fleurs.
Les Fleurs de Bach peuvent ainsi être envisagées comme un accompagnement qui suit l'évolution du vécu émotionnel. Le premier mélange n'a pas à contenir toutes les réponses. Il correspond simplement à ce qui est suffisamment clair aujourd'hui.
Puis la situation évolue, les émotions se transforment, certaines s'apaisent et d'autres deviennent plus visibles. Le mélange peut évoluer avec elles.
C'est ce mouvement qui donne son sens à l'image des couches utilisée dans l'approche d'Alina : ne pas chercher à tout traiter d'un seul coup, mais avancer progressivement à partir de ce qui est réellement ressenti.
Les Fleurs de Bach sont présentées ici comme un accompagnement émotionnel. Elles ne remplacent ni un diagnostic, ni un traitement, ni l'accompagnement d'un professionnel de santé lorsqu'il est nécessaire.
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